Un regard positif sur l’hiver: petites astuces pour prendre soin de soi

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La nuit l’emporte sur le jour, le froid fait descendre la sève des arbres au plus profond de leurs racines, et dans ses entrailles, la Terre se nourrie, se régénère, se répare et se prépare pour le printemps. Si l’hiver semble être une période creuse, presque morte, cela ne relève que de l’apparence. L’hiver est une ère de latence, de création des potentialités, qui s’étire en longueur jusqu’aux premiers bourgeons.

En énergétique chinoise, une partie de l’hiver nommé le Grand Yin court de début novembre jusqu’au solstice d’hiver. C’est durant cette période que le Yin l’emporte sur le Yang, créant ainsi les conditions les plus favorables pour diriger notre attention en nous, pour nourrir nos reins, se laisser envelopper dans l’obscurité-vacuité qui précède la création du printemps. Il est cependant encore temps de prendre soin de son hiver intérieur jusqu’à fin février.

Désir d’incarnation et énergie vitale

 L’élément de l’hiver est l’eau, associé aux reins et à la vessie. L’eau compose environ 70% de notre corps et porte en elle les mémoires de l’océan qui fut le berceau de la vie sur Terre. Nos liquides, salives, sang, larmes empruntent à l’eau de mer, sa nature salée. En hiver, l’énergie du corps descend dans les reins pour y renouveler notre océan intérieur, qui hydrate, nourrie, lubrifie et purifie notre corps et notre énergie.

L’esprit de l’eau, nommé Zhi en énergétique chinoise représente le désir d’incarnation dans notre réalité, l’ancrage, la stabilité de notre caractère, notre volonté à concrétiser matériellement les projets que nous créons au stade potentiel. Lorsque le Zhi vient à s’affaiblir, il nous est possible de tomber dans une grande lassitude, une fatigue générale qui aboutie à un désintérêt pour la vie. L’énergie sexuelle, intimement liée au désir de vivre et de perpétrer la vie, décroît pour devenir presque inexistante.

Au niveau des reins se trouve Ming Mén, ou autrement nommé, la « porte de la vie » ou « la porte de la destinée ». Les reins contiennent l’énergie vitale, qu’elle soit issue de notre capital de naissance (association du capital de nos deux parents auxquels s’ajoute un coup de pouce de l’univers), mais également l’énergie issue de la transformation de l’air et des aliments en énergie.

Les mémoires individuelles et collectives sont inscrites dans nos reins

Enfin, si l’océan et l’eau portent les mémoires de la vie sur Terre, depuis la formation de l’être unicellulaire jusqu’à aujourd’hui, nos reins portent nos mémoires individuelles mais également collectives. L’émotion dite « négative » associée aux reins est la peur. En hiver, le silence, la pénombre et l’apparent dépouillement de la Nature, nous amènent à ressentir des peurs ancestrales, souvent inconscientes.

Mais les reins sont vecteurs d’émotions positives comme la volonté, l’intuition, le courage et la détermination. L’eau est un élément très lié à la spiritualité et l’hiver permet de s’intérioriser jusqu’à la découverte de qualités spirituelles en nous. Il est possible de voir l’eau des reins comme le liquide amniotique des élans et désir d’incarnation que nous devons manifester dans notre vie. Les potentialités se trouvent dans le Yin de nos reins, avec notre capacité à concevoir un projet, à en assurer une bonne gestation. Le Yang des reins est cette impulsion électrique conduite par l’eau pour générer la force de concrétiser dans la matière, ces projets en devenir. Les deux énergies doivent être équilibrées.

Nous l’avons compris, l’hiver est la saison pour recharger les reins, mais en Occident, notre mode de vie ne le permet que trop peu. Alors comment faire pour ouvrir la porte de la vie et vivre l’hiver en conscience ? Comment savoir si nos reins sont affaiblis ?

  1. Indices qui montrent un possible affaiblissement de l’énergie des reins

La santé des reins se manifeste dans les cheveux. C’est pourquoi, lors d’un gros stress ou d’une grande peur, l’énergie des reins se vide et nous perdons nos cheveux quelques semaines plus tard. Les cheveux secs et cassants sont les témoins d’une mauvaise hydratation et d’une déminéralisation du corps. Les ongles secs et cassants sont également un indice du vide énergétique des reins.

Pour faire le test vous-mêmes, tirez la peau du dessus de votre main, puis lâchez. Si la peau se tend immédiatement, alors l’hydratation du corps est bonne. En revanche, si la peau met un temps perceptible à se retendre, ou encore qu’elle garde une forme plissée, il est temps pour vous de prendre soin de vos reins et de veiller à vous hydrater de l’intérieur.

Les maux de dos, sciatiques, tassement de vertèbres, douleurs aux genoux, faiblesse des jambes et des chevilles montrent une déficience de l’énergie Eau des reins. Si les reins sont la source essentielle de notre énergie vitale, alors tous les signes précoces de vieillissement témoignent d’une faiblesse de l’énergie des reins. Les rides, les cheveux blancs, le dessèchement de la peau, les articulations raides et le manque de flexibilité du corps avant d’être une personne dite « âgée », sont autant d’indices.

Enfin, la bonne santé des dents correspond à des réserves d’Eau des reins suffisante.

Une multitude d’autres symptômes plus inconfortables comme l’ostéoporose, les rhumatismes, l’arthrite etc, sont des indicateurs potentiels d’une décharge des reins mais doivent faire l’objet d’une étude approfondie par un thérapeute en énergétique chinoise.

Il existe plusieurs solutions pour prendre soin de soi en hiver, et vivre en pleine conscience cette période de l’année.

  1. Nourrir l’intérieur par le calme, le silence et un salvateur repli sur soi

Par mimétisme des éléments de la nature, notre organisme tente de faire redescendre sa sève, son essence, jusque dans ses racines. Si l’on considère les reins comme le réservoir initial de notre énergie vitale, alors ils doivent être nourris et choyés durant l’hiver. Mais c’est tout notre organisme qui se met au repos.

D’une manière concrète, nous évoluons dans des lieux surchauffés, sur-éclairés, bruyants, dans l’agitation du paraître et de l’égo.

 Or, la fraicheur (et non l’excès de froid) de l’hiver est bénéfique pour permettre à l’énergie chaude de notre corps, de retourner se régénérer dans nos profondeurs. Sans cette période de repli, l’énergie reste à un niveau de surchauffe qui peut entrainer des insomnies, réveils nocturnes, des troubles du foie, de la colère, des burn-out au printemps, des allergies au pollens, des vertiges, sensations de ne pas être ancré et stable dans son corps.

L’excès de lumière artificielle n’est pas non plus bénéfique pour permettre à l’organisme entier de s’accorder à la pénombre hivernale. A nos latitudes, en hiver, la nuit est plus longue que le jour et cette obscurité est très bénéfique au corps et à notre énergie. Elle favorise le repos, le ralentissement et nous devrions, dans la mesure du possible, suivre le cycle naturel des journées d’hiver en éteignant la télévision plus tôt le soir, en privilégiant les lumières tamisées à la tombée de la nuit, en diminuant considérablement l’utilisation des tablettes et Smartphones au coucher, le soir.

Enfin, l’organe sensoriel associé au rein est les oreilles et par conséquent l’ouïe. Un excès de bruit, de musique violente, d’informations négatives entendues, vident les reins de leur énergie. D’ailleurs, les acouphènes et la perte d’audition peuvent être dues à une grande fatigue, ou autrement dit à un vide des reins.

Lorsque l’énergie des reins est en état de vide, un sentiment de peur constant s’immisce dans notre psyché et s’accroît à la tombée de la nuit, nos genoux semblent faibles, l’ouïe est altérée, des troubles urinaires peuvent apparaitre (infections, difficultés à uriner), la libido chute, les cheveux sont cassants et blanchissent vite. Lorsque l’équilibre énergétique est rompu, les autres organes sont touchés, entrainant une quantité d’autres symptômes.

  1. Petits conseils pour mieux vivre l’hiver
  • Diminuer considérablement les activités pour privilégier un véritable repos.
  • Alléger l’exposition aux lumières artificielles et électroniques.
  • Dormir plus tôt et dans un lieu frais.
  • Etirer la région lombaire et arrondir la colonne vertébrale pour ouvrir Ming Mén.
  • Aller dans la Nature pour capter avec vos pieds et votre racine pelvienne, l’énergie fraiche et nourrissante de la Terre, pour l’amener aux reins.
  • Ecouter vos besoins. Lorsque la fatigue vous gagne, ne luttez pas, dormez.
  • Nourrir votre énergie par des lectures apaisantes, des musiques douces, des massages calmes et délicats.
  • Modifier votre emploi du temps pour vous accorder un moment hebdomadaire ou mieux, quotidien, durant lequel vous prenez soin de votre corps.
  • Diminuer les sources de stress, d’agitation, de colère.
  • Si vous souffrez de frilosité constante, porter une ceinture de flanelle autour des reins, ou y apposer une bouillotte dès que possible pour les réchauffer. Les compresses chaudes de gingembre et les infusions de cannelle sont deux moyens accessibles de réchauffer les reins en hiver.
  • Eviter de voyager dans des régions trop chaudes, ce qui perturberait le travail de régénération de votre énergie. Il agirait comme un printemps précoce, qui fait éclore des bourgeons fragiles.

  1. Adapter son bol alimentaire 

Le bol alimentaire de l’hiver se veut consistant et chaud. Mais la saveur bénéfique pour l’hiver est la saveur salée. Il est donc préférable de limiter le sucre et le doux, pour privilégier des fins de repas sans dessert, particulièrement le soir. Le grignotage est contre-indiqué, car il mobilise une grande quantité d’énergie pour mettre le système digestif en mouvement, de manière désordonné et puise donc dans les réserves d’énergie vitale.

Comme la nature fait bien les choses, les légumes de l’hiver poussent dans la Terre. Il est donc préférable de se nourrir en grande quantité de ces produits, chargés de l’énergie terrestre, très nourrissante pour les reins et le corps en général. Par ailleurs, ils sont riches en sels minéraux et recharge les réserves du corps.

 Les fruits de l’hiver comme les pommes et les poires permettent de renouveler l’ensemble des liquides du corps. Les agrumes sont chargés d’une énergie stimulante et ascendante, ils doivent donc être consommés le matin et le midi. Enfin, les produits laitiers sont encrassant pour les reins et doivent donc être limités, tout comme les aliments trop modifiés et raffinés (à base de farine blanche, sucre blanc, surcuits, de longue conservation etc).

Les fruits de mers et surtout les légumes de mers (algues) sont une véritable cure de jouvence pour les reins. Le sésame, particulièrement le sésame noir (en purée par exemple) est très bénéfique pour l’énergie des reins. Il est possible de complémenter l’alimentation par un complexe en sels minéraux, du magnésium marin ou des ampoules de quinton isotonique.

Enfin, l’eau absorbé se veut être de qualité et bien informée. Lorsque l’eau passe dans les canalisations domestiques, elle est en relation permanente avec du métal et s’imprègne de l’énergie métallique. Elle capte également toutes les énergies des lieux qu’elle traverse, positives comme négatives. Ainsi, il est possible d’informer son eau en lui envoyant des sons positifs (mots agréables, mantras), ou alors par la gratitude, en remerciant cette eau de vous permettre d’hydrater et de nourrir votre organisme, et ce, avant de la boire. Cette pratique peut paraître étrange, mais pourtant, des études ont montré que l’eau adopte différentes formes selon les vibrations et l’énergie avec laquelle elle est mise en contact.

Une cure de jus d’Aloé Vera (uniquement bio et certifié), est un puissant réhydratant et reminéralisant pour l’hiver.

Enfin, l’hiver est propice aux boissons chaudes mais il faut également boire de l’eau naturelle, sans infusion ni adjonction de matière. Cette eau permet le nettoyage des déchets de l’organisme.

  1. Limiter l’activité sportive et privilégier les activités douces

Le sport qui fa it suer le corps n’est pas bénéfique en hiver, car il décharge l’organisme de ses réserves en sels minéraux. La sueur qui s’évacue en excès affaiblit l’énergie des reins et créé une fatigue profonde. Souvent, le sentiment inverse émerge car les hormones sécrétées pendant l’activité physique donnent un sentiment de puissance et de force. Mais c’est en profondeur que le vide se créé et se fera sentir au printemps.

Il est préférable d’opter pour une pratique de yoga, de qi gong ou de marches dans la Nature, des activités qui sollicitent le cœur et l’ensemble du système musculaire, sans engendrer de grosses suées.

  1. L’émotion de l’hiver : la peur

Une personne dont l’énergie vitale est bonne ne ressent pas la peur comme une menace déséquilibrante ou paralysante. L’eau ne gèle pas au contact de la peur et continue de couler dans le corps. La peur est ponctuelle, rationnelle et acceptée.

En revanche, lorsque l’énergie vitale devient faible, les peurs irrationnelles peuvent prendre le contrôle du mental, l’amenant à une inquiétude constante voire à un état d’angoisse latent. Alors la peur refroidie tellement l’Eau des reins, qu’elle la gèle et paralyse la circulation de l’énergie. N’avez-vous jamais ressenti ce froid glacial qui vous saisit après avoir vécu une grosse peur ?

Dans ce cas là, conjointement à un travail d’acceptation de ces émotions, il faut reprendre sa vie en main pour adopter un mode de vie qui tendra à diminuer le déséquilibre de base. C’est la première étape pour améliorer la situation : prendre la décision de changer de rythme pendant l’hiver et prendre soin de soi.

Enfin, il faut regarder la peur, non comme une ennemie, mais comme une partie de nous-mêmes que nous rejetons de toutes nos forces, si bien qu’elle se manifeste de manière violente pour se rappeler à nous. En position de méditation ou au calme, appelez la peur à vous, en l’invitant à se manifester avec douceur. Ainsi, vous maitrisez sa venue. Elle ne surgit plus comme un monstre malicieux caché derrière une porte, elle se montre à vous comme une invitée.

Alors, vous pouvez la faire passer du stade de peur à l’amour. Accueillez-la avec compassion en imaginant qu’elle est une partie de vous esseulée, abandonnée, perdue. Elle erre sans savoir pourquoi elle est là, elle n’a pas de consistance absolue alors d’où vient-elle ? Ou peut-elle aller ? Le rejet de la peur la renforce.

Accueillez-la avec cœur et lorsque votre amour pour cette partie de vous deviendra plus fort que l’illusion de la peur, alors elle s’intègrera en vous pour redevenir une partie aimée et acceptée de vous-mêmes. L’amour finit toujours par gagner, sans exception, même si parfois, cela prend du temps.

  1. La pratique : méditation pour nourrir et renforcer l’énergie des reins

Commencez par étirer l’arrière de vos jambes pendant quelques minutes, puis l’intérieur de vos jambes pendant la même durée.

Puis, lorsque vous vous asseyez en position de méditation, veillez à toujours prendre quelques secondes pour vous ancrer à la Terre en posant votre consciente sur la voûte pelvienne.

La pratique suivante peut être déroutante en ce sens qu’elle propose d’associer à la respiration, deux mouvements descendants alors qu’en Occident, nous sommes habitués à y associer un cycle ascendant/descendant.

Installez-vous confortablement, les reins au chaud. Placez vos mains sur vos genoux. A l’inspiration, placez votre conscience dans votre cœur, puis visualisez l’énergie chaude du cœur descendre dans le bas-ventre et le nourrir. A l’expiration, placez votre conscience sur la première dorsale, en haut du dos, et visualisez pendant l’expiration, l’énergie et la lumière descendre le long de la colonne vertébrale pour aller nourrir les reins.

Pour résumer :

  • Pendant l’inspiration : visualiser l’énergie chaude du cœur descendre dans le bas-ventre, nourrir le Hara.
  • Pendant l’expiration : visualiser l’énergie et la lumière de la colonne descendre depuis la première dorsale jusque dans les reins pour les nourrir.

Répétez le cycle pendant quelques minutes, matin et soir. Pour augmenter les bienfaits, prenez bien le temps de placer votre conscience dans le cœur puis en haut de la colonne, avant chaque mouvement respiratoire.

Ke Wen nous dit : « L’Eau est une énergie vitale créatrice, à la fois tranquille, calme, indolente même et une énergie de mouvement, d’incroyable force et potentiel de vitesse liés à la fluidité et persévérance qui peuvent venir à bout des pierres les plus dures. »

Prenez soin de vous !

*Photographie: Elena Morelli

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